Djinn, tome 1 : La maudite

Couverture Djinn

Titre Djinn, tome 1 : La maudite

Auteur : Jean-Louis Fetjaine

Editeur : Fleuve, Noir – Rendez-vous ailleurs

Prix : 19 €

Nombre de pages : 288

Quatrième de couverture : 1130, princée d’Antioche – au nord de l’actuelle Syrie. Fille du roi Baudouin de Jérusalem, la princesse Alix d’Antioche s’apprête à accoucher en secret de son enfant illégitime, fruit de ses amours avec le connétable Renaud Mazoir. Personne ne doit apprendre cette naissance : sa mère a décidé que l’enfant ne survivrait pas. Mais son père, prévenu par ses informateurs, arrive à temps pour le sauver. L’accoucheuse, elle, est sacrifiée, non sans avoir jeté sur Alix une malédiction : l’esprit malin d’un Djinn s’attache désormais à ses pas. Mis à l’abri des velléités meurtrières de sa mère, le nouveau-né grandira au sein de la mystérieuse secte des Assassins ; son destin sera lié à celle-ci. Et la princesse maudite, poussée par son ambition dévorante, se voit emportée dans les tourments d’une terre dont l’histoire s’écrit trop souvent dans le sang…

Mon passage préféré :

Renaud était déjà reparti, mais il revint sur ses pas en souriant, pour la première fois sans doute depuis qu’il avait quitté Jabala. Il souleva un coin du drap qui recouvrait l’enfant et glissa un doigt sur sa joue. Qu’importe ce qu’il avait dit à Alix. L’enfant vivrait.
– Martin, dit-il. Que tous l’appellent Martin Mazoir…

Mon avis : J’ai lu ce titre dans le cadre du Prix des Imaginales des bibliothécaires 2018. Je ne suis pas particulièrement friande de fantasy pure et pourtant, Jean-Louis Fetjaine a réussi à m’embarquer dès la première page dans son récit. A mon avis, c’est surtout parce que l’aspect fantasy apporté par le Djinn n’est pas essentiel et que l’auteur aurait même carrément pu s’en passer au profit d’une aventure historique. J’ai été touchée par certains personnages et leur disparition m’a vraiment émue. La femme est au centre du récit sous différentes représentations très intéressantes, de celle prête à tout pour le pouvoir, à celle qui protège au péril de sa vie. Situé en pleine Terre Sainte, à l’époque des Croisades, le récit ne manque pas de faire voyager le lecteur, tant grâce aux descriptions des paysages que par les peuples dont il fait la connaissance. Trahison, manipulation, guerres, alliances et malédiction rythment ce premier opus qui nous tient en haleine. Il s’agit d’un tome clairement introductif qui donne envie d’en savoir plus mais pour ma part, je vais m’en contenter. L’histoire déroulée ici se suffit à elle-même et bien que certains éléments ne soient pas encore abordés, je m’en contenterai. L’auteur s’inspire de faits réels et dépeint le destin de la princée d’Antioche tel que l’Histoire nous l’a transmis, tout en insufflant une dose légère de fantasy qui devrait prendre de l’ampleur au fil des tomes. Je ne doute pas que les amateurs du genre trouveront leur compte dans cette nouvelle trilogie d’un auteur qui a déjà fait ses preuves.

Note : 15/20

Ce livre en un mot : Introductif

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Une apparition

Couverture Une Apparition

Titre : Une apparition

Auteur : Sophie Fontanel

Editeur : Robert Laffont

Prix : 19 €

Nombre de pages : 252

Quatrième de couverture : Et si tout ce qu’on racontait sur les cheveux blancs était faux ? Et si ces monceaux de teinture, sur des millions de chevelures, aux quatre coins de la planète, cachaient en fait une beauté supplémentaire que les femmes pourraient prendre avec le temps, beauté immense qui les sauverait de bien des angoisses, de bien de servitudes ? C’est en partant de cette intuition que Sophie Fontanel, un soir d’été, décide d’arrêter les colorations et de regarder pousser ses cheveux blancs. Comme elle est écrivain, elle en fait un livre, sorte de journal romancé de ce qu’elle n’hésite pas à appeler une « naissance ». Les semaines, les mois passent : un panache lui vient sur la tête, à mille lieues des idées préconçues sur les ravages du temps. Elle réalise que l’âge embellit aussi les femmes et que les hommes n’ont pas pour les cheveux blancs l’aversion qu’on supposait. Elle découvre que notre société n’attendait qu’un signal, au fond, pour s’ouvrir à une splendeur inédite, d’une puissance extraordinaire. Ce roman est une fête. Celle de la liberté.

Mon passage préféré :

« C’est vrai qu’après tout, les cheveux, ça repousse. »
Comparés à des choses qui, hélas, plus jamais ne changeraient.

Mon avis : Quand je vais chez le coiffeur (une ou deux fois par an), il n’est pas rare qu’on me demande si j’ai déjà fait des mèches ou qu’on me propose d’en faire. Pourtant, je suis particulièrement fière d’affirmer que je n’ai jamais touché à la couleur naturelle de mes cheveux. Je n’ai même jamais utilisé de shampoing éclaircissant. Et s’il y a bien une chose à laquelle on ne me fera pas toucher, c’est bien ma blondeur. Quand j’ai entendu parler de ce livre pour la première fois, je me suis dit que le sujet abordé par l’autrice était particulièrement original et que je pourrais m’y retrouver. Je n’ai malheureusement pas adhéré au style de Sophie Fontanel. Certaines tournures de phrases sont des pensées directement retranscrites sans prendre la peine de les formuler correctement grammaticalement parlant. Je comprends parfaitement que cela puisse être volontaire et représentatif du style personnel de l’autrice. Mais ce genre de formulation ressemble trop à un brouillon pour moi et je ne l’apprécie pas particulièrement. En revanche, l’idée de liberté d’être soi, sans fards, que véhicule la journaliste à travers le récit des ses aventures capillaires est très forte. Elle ne s’en cache pas : la transition n’a pas été facile à vivre tous les jours. C’est cette authenticité, cette vérité qui m’a le plus touchée dans ce récit. Je ne me pencherai probablement pas sur d’autres titres de l’autrice mais je peux reconnaître à celui-ci qu’il sait rassurer le lecteur sur sa capacité à affronter les années à venir et les effets de temps qui passe sur le corps.

Note : 13/20

Ce livre en un mot : Rassurant

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Des étoiles à l’infini, tome 1

Couverture Des étoiles à l'infini

Titre : Des étoiles à l’infini, tome 1

Auteur : Blanche Monah

Editeur : City, Eden

Prix : 16.90 €

Nombre de pages : 350

Quatrième de couverture : Rachel est une élève brillante, avec des rêves plein la tête. Son ambition dans la vie : conquérir les étoiles. Et elle est bien décidée à tout mettre en œuvre pour y parvenir, à travailler un jour dans l’aérospatial. Dans ce but, elle intègre une classe prépa dans une Université toulousaine, prépa spécialisée pour les étudiants se destinant aux grandes écoles de l’Aerospace Valley. Au programme : du travail, du travail, et encore du travail. Cela ne la dérange pas. Toute sa vie est consacrée à la réalisation de son rêve ; pas de sortie, pas de distraction, pas de garçon. Elle ne vit et ne respire que pour l’Espace. Jusqu’à sa rencontre avec son nouveau tuteur, à l’Université. Il est beau, tatoué, piercé, et son allure de bad boy la fait totalement craquer. Mais pour Chris, Rachel n’est qu’une gentille gamine. Sauf que l’amitié peut se transformer en amour. Il n’y a pas qu’en fusée qu’on peut visiter les étoiles. Une romance sur un premier amour doux, tendre et passionné.

Mon passage préféré :

Le chien du jardinier n’aime pas les choux, mais empêche tout le monde de les manger. Chris, c’est le chien, et toi, le chou.

Mon avis : Merci du fond du cœur à Blanche Monah de m’avoir envoyé un exemplaire numérique de son roman que j’ai tout simplement dévoré. Il y a juste deux petits points qui m’ont chiffonnée. A un moment, l’auteur parle d’une étudiante semblant être « à moitié autiste » à cause de sa grande timidité. Je trouve qu’il s’agit d’une grosse maladresse qui aurait dû être évitée. La seconde chose qui m’a perturbée, c’est la réaction du Chris suite à un certain événement au cours duquel sa moto a subit quelques dégâts. J’ai adoré la façon dont Blanche a permis à son Bad Boy de s’expliquer avec les Bikers et les conséquences de cette discussion. Cependant, malheureusement, je n’ai pas trouvé cet épisode très réaliste. Je n’imagine pas que ce genre de chose puisse arriver dans la vraie vie. La plupart des gens sont trop butés, méchants et stupides pour réagir de la sorte. Passons maintenant à tous les bons points. D’abord, les personnages. Rachel est très touchante et bien qu’elle soit immédiatement attirée par Chris, elle résiste un bon moment à l’attraction qu’il exerce sur elle sans le vouloir. Cela change un peu des coups de foudre réciproques au premier regard et des histoires qui vont bien trop vite (vous avez lu ma dernière chronique ?). Je ne suis pas attirée par les hommes arborant autant de piercing et de tatouages que Christopher alors j’ai eu un peu de mal à comprendre les sentiments puissants qu’il provoquait chez Rachel. Cependant, je n’ai pu qu’être particulièrement émue par l’amour plein de passion et de respect qu’ils se portent. L’auteur a su prendre son temps pour que ses personnages osent s’avouer ce qu’ils ressentent et si j’ai été frustrée à plusieurs reprises parce que je voulais vraiment que ça arrive, je ne suis pas du tout déçue d’avoir appris à connaître un peu mieux les deux protagonistes. Le passé compliqué du jeune homme est bien amené et intéressant. Il semble qu’on s’y attardera d’avantage dans le second tome qui promet donc d’être plus sombre que le premier. Les points de vue alternés de Rachel et Chris, et à l’occasion ceux d’autres personnages, sont géniaux pour nous permettre d’appréhender plus clairement la relation qu’ils entretiennent. Les scènes de sexe sont très bien écrites et particulièrement réalistes. Le récit est cohérent et l’action se déroulant en France, il est aisé de visualiser les paysages et les environnement décrits. Un point en plus pour l’univers aérospatial qui est mis en avant. On ressort de cette lecture avec des étoiles plein les yeux, à plus d’un titre. Vivement la suite !

Note : 17/20

Ce livre en un mot : Prometteur

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Les Ombres Brumeuses, tome 1 : Subversif et Soulèvement

Couverture Les Ombres Brumeuses, tome 1 : Subversif et Soulèvement

Titre : Les Ombres Brumeuses, tome 1 : Subversif et Soulèvement

Auteur : Céline Mancellon

Editeur : Sharon Kena, Bit-Lit

Prix : 23.50 €

Nombre de pages : 404

Quatrième de couverture : « Les Ombres Brumeuses » est un clan très ancien de vampires dont Liam MacDowen est le guerrier. Sa mission ? Amener Anae à son père, leur chef, car la jeune femme serait une élue. Elément capital pour une descendance puissante. Un soir, il décide d’agir sous sa forme canine alors qu’elle prend des photos dans une rue déserte. Cette rencontre marquera un tournant décisif dans leurs vies.
Un vampire tombera amoureux pour la toute première fois. Une jeune femme découvrira un univers qui côtoie celui des humains depuis la naissance du monde.
Et ce n’est que le début…

Mon passage préféré :

J’ai trois plaisirs dans la vie : le sang, le sexe et le combat. Tu m’as offert un chouette combat avec blondie. Tu m’as donné un délicieux goûter… Ô oui. Il te reste juste à cocher la case sexe et je fais de toi une femme honnête, promis.

Mon avis : Vous savez désormais que les vampires sont mon point faible et que les histoires d’amour impossible entre l’une de ces créatures et un être humain me font particulièrement fondre. Du coup, je n’ai pu que plonger avec envie dans ce premier tome qui, malheureusement, a été une sévère déception. La chronique qui suit sera donc une succession des points qui m’ont profondément dérangée. Anae tombe amoureuse de Liam au premier coup d’oeil et leur relation démarre beaucoup trop vite. Dans ce seul premier tome, l’auteur fait kidnapper deux fois son héroïne et une fois son héros. On rencontre des vampires, des loups-garous, des chasseurs de vampires, un mi-vampire mi-loup-garou, des démons et j’en passe. La mythologie créée par Céline Mancellon est très complexe. Beaucoup trop chargée. Elle apporte trop d’informations sans explications. Et surtout, elle entoure Anae de prétendant et la met dans une situation que j’ai détestée. Comment a-t-elle pu lui faire faire ça ???!!! Une explication apparaît à la fin du récit. L’auteur explique en effet qu’elle est une fan inconditionnelle de Shôjo harem (mangas dans lesquels on suit une héroïne entourée d’une multitude de prétendants). Je n’ai pas arrêté de lever les yeux au ciel. Anae est incapable de résister au charme des hommes qui l’enlèvent et elle trahi Liam à plusieurs reprises. Le coup de la chamane a terminé d’achever les maigres espoirs que j’avais pour ce roman. J’ai refermé ces 400 pages avec un goût amer et absolument aucune envie de connaître la suite. En quelques mots, c’est du grand n’importe quoi !

Note : 10/20

Ce livre en un mot : Fouillis

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Poudlard : Le guide pas complet et pas fiable du tout

Couverture Poudlard : Le guide pas complet et pas fiable du tout

Titre : Poudlard : Le guide pas complet et pas fiable du tout

Auteur : J. K. Rowling

Editeur : Pottermore / Disponible uniquement en version numérique

Prix : 2.99 €

Poids : 3.0 MO

Quatrième de couverture : Le guide pas complet et pas fiable du tout de Poudlard vous emmène à la découverte de l’école de sorcellerie de Poudlard.

Mon passage préféré :

La carte du Maraudeur causa pas mal de soucis à son véritable auteur (moi [J. K. Rowling]), car elle permettait à Harry d’obtenir un peu trop d’informations. Je n’ai jamais montré Harry allant récupérer la carte dans le bureau vide de (la personne qu’il croyait être) Maugrey Fol Œil, et j’ai souvent regretté de ne pas avoir profité de l’erreur qu’il avait faite en la laissant là. Par contre, j’aime beaucoup le passage dans les Reliques de la mort où Harry regarde se déplacer le petit point qui représente Ginny. Tout compte fait, le fait que Harry ait pu avoir accès à ce qui lui revenait de droit est sans doute une bonne chose.

Mon avis : Je ne me souviens pas de l’année où j’ai acheté ma liseuse, mais je suis certaine que les trois récits numériques publiés par J. K. Rowling sur Pottermore ont été les premiers à y être intégré. Et grâce à Livraddict, je peux donc vous dire que j’attends de lire ces bonus depuis septembre 2016. L’un d’entre eux a enfin rejoint ma PAL mensuelle et c’est avec un véritable bonheur que j’ai plongé dans ce recueil. Il s’agit en effet de plusieurs petits textes précédés de l’interpellation du lecteur sur un sujet particulier par un narrateur inconnu, et suivis des commentaires de J. K. Rowling. En clair, un sujet est introduit sous forme de « Rappelez-vous de tel élément ». Ensuite, l’auteur nous propose d’en découvrir un peu plus sur l’élément dont il est question, comme par exemple, le choixpeau magique. D’où vient-il ? Comment fonctionne-t-il ?, etc. Et enfin, J. K. Rowling partage ses réflexions sur la manière dont elle a imaginé l’objet, le personnage, l’endroit… J’ai adoré ce système. Malheureusement, c’était beaucoup trop court à mon goût. En moins d’une heure, j’avais refermé l’ouvrage. Replonger dans l’univers de Harry Potter est incroyable, même après vingt années. J’ai découvert de nouvelles choses et me suis souvenue de certaines autres. Dans ce volume, J. K. Rowling aborde plein de sujets passionnants : le Poudlard Express et la gare de King’s Cross, la cérémonie de la répartition et le Choixpeau magique, les retourneurs de temps, la carte du maraudeur, le château lui-même et son lac, les cours dispensés à Poudlard, les fantômes habitant le château, etc. L’ouvrage est foisonnant de détails particulièrement intéressants et il me tarde de me plonger à nouveau dans cet univers si cher à mon cœur. J’espère sincèrement que Gallimard aura un jour la possibilité de publier ces récits, pourquoi pas sous la même forme que les trois volumes de La bibliothèque de Poudlard ? A bon entendeur…

Note : 20/20

Ce livre en un mot : Passionnant

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Boudicca

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Titre : Boudicca

Auteur : Jean-Laurent Del Socorro

Editeur : Actu SF

Prix : 18 €

Nombre de pages : 280

Quatrième de couverture : Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Mon passage préféré :

– Nous ne t’attendions plus, Boudicca. Un autre que moi aurait pu croire que tu allais oublier ton devoir. Prydain m’a dit que tu allais prier les dieux. J’espère qu’Andraste t’a sagement conseillée, princesse, et qu’au-delà de faire de toi une femme, les voix divines t’auront insufflé un peu de leur sagesse.

– Soyez sans crainte, mon roi. Je n’ai pas ménagé la déesse que j’ai longuement honorée avec tout le zèle que mon cœur pouvait contenir. Les signes qu’elle m’a envoyés en retour m’ont assurée de sa pleine et entière satisfaction.

Mon avis : J’ai découvert ce titre dans le cadre du prix des Imaginales des bibliothécaires. J’avais peur que cette lecture ne soit une corvée car elle diffère complètement de ce que j’ai l’habitude de lire et parce que le résumé ne m’attirait pas vraiment. Finalement, ça a été une belle surprise. L’auteur est parvenu à capter mon attention en déroulant le fil de la destinée de son héroïne en s’inspirant de ce qui se serait réellement passé, tout en ajoutant une petite dose de fantasy grâce aux rêves oniriques et à la présence des druides. Sa plume est très agréable et on avance en même temps que Boudicca puisque le texte est au présent. Je suis mitigée concernant la reine des Icènes. Son côté guerrière forte, indépendante et certaine de ses choix m’a beaucoup plu. En revanche, à plusieurs reprises, je l’ai trouvée insolente, paradoxalement trop sûre d’elle, égoïste et inconsciente. Elle a tendance à agir et à regretter ensuite les choix qu’elle a fait. Je me retrouve un peu dans cet aspect de sa personnalité. Peut-être est-ce l’une des raisons qui font que je me suis malgré tout attachée à elle. J’ai apprécié tous les personnages secondaires, hormis Antedios, les Romains et la reine des Brigantes. D’ailleurs, j’ai été un peu frustrée de ne pas en apprendre d’avantage sur ces seconds rôles car l’auteur les introduit plus comme des éléments qui permettent à Boudicca de grandir qu’en s’intéressant réellement à eux. La force du récit réside pour moi dans l’idée que la violence ne résout pas tout et que les mots, s’ils sont employés à bon escient, peuvent s’avérer des armes redoutables. Bien que l’histoire soit romancée, on ne peut qu’admirer le courage et la puissance de Boudicca, princesse, fille, reine, amante, mère et guerrière qui, jusqu’au bout, se sera battue pour ses convictions et la liberté de son peuple.

Note : 16/20

Ce livre en un mot : Poignant

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La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver

Titre : La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver

Auteur : Christelle Dabos

Editeur : Gallimard, Pôle fiction

Prix : 8.65 €

Nombre de pages : 567

Quatrième de couverture : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Mon passage préféré :

De Thorn elle s’était attendue à tout. Brutalité. Mépris. Indifférence.
Il n’avait pas le droit de tomber amoureux d’elle.

Mon avis : Parce que 12 titres à lire en mars, ce n’était pas assez, j’ai entamé une lecture commune avec ma meilleure amie sur le premier tome de La Passe-miroir en me disant que je pouvais parfaitement lire quelques chapitres par jour tout en avançant dans mes autres ouvrages. Sauf que je n’ai pas été capable de lire quoi que ce soit d’autre tellement j’ai été accrochée ce titre ! Cela faisait plusieurs semaines (mois ?) que nous discutions de cette série que j’ai découverte grâce aux éloges d’Emilie « Bulledop » (sa chaîne Youtbe) et j’étais particulièrement impatiente de la découvrir enfin. Si je m’attendais à un énorme coup de cœur qui n’a malheureusement pas eu lieu, j’ai cependant sincèrement adoré ma lecture. Le personnage principal est génial. Ophélie ne paye pas de mine. Elle est discrète, timide, pas particulièrement jolie et extrêmement maladroite. D’ailleurs, sa maladresse n’est pas le fruit du hasard. C’est ce qui fait que j’ai tellement aimé ce roman. L’auteur, même si elle conserve une part de mystère en ne distribuant pas toutes les informations dès ce premier volume, prend le temps d’expliquer les raisons pour lesquelles les choses sont ce qu’elles sont. Le lecteur ne peut pas douter qu’à un moment, dans les tomes suivants, Christelle Dabos fera un focus sur les golems (cette écharpe ! Je veux la même !), sur l’origine de ce monde si étrange, la genèse des esprits de famille, les mystères liés à leur livre ou encore la famille maternelle de Thorn. Ce dernier est fascinant, notamment parce que de tous, il est le seul que je ne parviens pas à imaginer, physiquement. La palette d’émotion par laquelle il fait passer le lecteur est incroyablement large. Curiosité, frustration, appréhension, tendresse, colère… J’ai hâte de le découvrir encore plus. Les personnages secondaires sont tous plus détestables les uns que les autres. J’ai une aversion profonde pour le chevalier. Berenilde et Archibald me font sortir de mes gonds. J’ai adoré le grand-oncle d’Ophélie que j’aimerais revoir. J’espère retrouver Gaëlle et Renold à l’avenir parce que je les ai trouvé mignons. La tante Roseline, seul membre de la famille d’Ophélie (excepté son frère) à être sympathique, apporte une touche d’humour bienvenue. La Mère Hildegarde me répugne mais je suis curieuse de savoir quel sera son rôle. L’auteur nous propose un univers incroyablement riche, complexe et inventif qu’elle maîtrise à la perfection. L’arbre généalogique de Farouk et le plan de la Citacielle en fin d’ouvrage sont un vrai plus. Je m’y suis référée à plusieurs reprises. Je peux comprendre que certains aient trouvé l’intrigue trop longue à se mettre en place. En effet, même si l’univers m’a suffit en lui-même pour être complètement happée par mon livre dès les premiers instants, il faut attendre au moins la moitié du récit pour commencer à comprendre les enjeux et le fonctionnement très alambiqué de l’univers dans lequel Ophélie a atterri. Cependant, la dernière partie du récit ne laisse pas le temps au lecteur et aux personnages de souffler ne serait-ce qu’une seconde. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et quand on parvient au point final de ce premier tome, on ne peut qu’être frustré de ne pas avoir la suite sous la main pour continuer à parcourir ce monde si addictif. J’ai la chance de posséder un exemplaire poche dédicacé et, heureux hasard, le second tome est également sorti en format poche il y a quelques jours. Hasard encore plus heureux, j’ai gagné deux entrées pour le salon Livre Paris où l’auteur sera présente. Gallimard, mettez-moi de côté un exemplaire des Disparus du Clairdelune. Je débarque dimanche !

Note : 18/20

Ce livre en un mot : Excellent

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