Persuasion

Titre Persuasion

Auteur : Jane Austen

Editeur : Archipoche

Prix :   6.60 €

Nombre de pages : 235

Quatrième de couverture : Lady Russell a convaincu sa protégée Anne Elliot de repousser les avances du jeune Frederick Wentworth, un officier de marine sans avenir ni relations. Huit ans plus tard, la famille Elliot connaît un revers de fortune. Le père d’Anne, snob et prodigue baronnet, se décide à louer le château familial à l’amiral Croft, qui se trouve être le beau-frère du capitaine Wentworth. Anne appréhende de revoir celui qui avait fait battre son coeur, et que les guerres contre la France ont enrichi. Frederick, de son côté, a pour plus cher désir de fonder un foyer. Mais il a conservé le souvenir d’une jeune femme influençable, qui se laissait trop aisément persuader…

Mon passage préféré : 

Je ne puis me taire plus longtemps. Il faut que je vous écrive. Vous me percez le coeur ! Ne me dites pas qu’il est trop tard, que ces précieux sentiments sont perdus pour toujours ! Je m’offre à vous avec un coeur qui vous appartient encore plus que lorsque vous l’avez brisé il y a huit ans. Ne dites pas que l’homme oublie plus tôt que la femme, que son amour meurt plus vite. Je n’ai jamais aimé que vous. Je puis avoir été injuste, j’ai été faible et vindicatif, mais jamais inconstant. C’est pour vous seule que je suis venu à Bath, c’est à vous seule que je pense ; ne l’avez-vous pas vu ? N’auriez-vous pas compris mes désirs ? Je n’aurais pas attendu depuis dix jours, si j’avais connu vos sentiments comme je crois que vous avez deviné les miens. Je puis à peine écrire. J’entends des mots qui m’accablent. Vous baissez la voix, mais j’entends les sons de cette voix qui sont perdus pour les autres. Trop bonne et trop parfaite créature ! Vous nous rendez justice, en vérité, en croyant les hommes capables de constance. Croyez à ce sentiment inaltérable chez F. W. Il faut que je parte, incertain de mon sort : mais je reviendrai ici, ou j’irai vous rejoindre. Un mot, un regard suffira pour me dire si je dois entrer ce soir ou jamais chez votre père.

Mon avis : Ce qui est magique avec les romans de Jane Austen, c’est que même si on en connaît le dénouement avant de les avoir commencés, on passe un merveilleux moment. Et ils se relisent avec toujours autant de plaisir. L’auteur prend un malin plaisir à torturer ses personnages principaux et à dépeindre ses personnages secondaires comme les plus idiots et superficiels qui soient. J’adore cet état d’esprit parce que je sais que quoi qu’il puisse arriver au cours du récit, tout finira bien. Le style est parfait et je regrette profondément qu’on n’écrive/ne parle plus comme ça aujourd’hui. Tout est tellement romantique et sous-entendu. Les discussions, les longues balades dans la campagne, les soirées mondaines et les visites quotidiennes aux amis me font particulièrement envie. Et être ainsi courtisée serait un véritable bonheur. Je rêverai d’être une héroïne austenienne ! Mais je ne suis que moi et je me contente de dévorer chaque phrase et de savourer chaque mot de ce que Jane Austen a bien voulu laisser derrière elle. Si Orgueil et préjugés restera à jamais mon oeuvre préférée, Persuasion, son dernier roman achevé et publié à titre posthume, m’a permis de découvrir la vie effacée d’Anne Elliot, négligée par son père et ses soeurs dont elle a toutes les raison d’avoir honte. Tous les membres de cette famille sont pathétiques, snobs, narcissiques et prétentieux. Il n’y a bien qu’Anne pour redorer le blason des Elliot. A l’inverse, les Croft, les Harville et les Musgrove (en dehors de Mary, bien sûr), sont la bienveillance et la gentillesse incarnées. Le contraste entre les deux cercles dans lesquels Anne évolue est saisissant et il nous pousse à désirer plus que tout qu’elle puisse enfin se défaire des chaînes qui l’entravent à ses parents pour se lier plus intimement avec ses amis. Lady Russell m’a presque totalement indifférée. Si j’ai d’abord eu une très mauvaise impression de son personnage, la volonté d’Anne de ne plus céder à ses conseils douteux m’a fait l’oublier, jusqu’à la fin de l’histoire où elle a réussi à remonter dans mon estime. Quand à Frederick Wentworth, je ne peux que regretter qu’on ne s’intéresse pas d’avantage à son personnage. Cependant, il est clair que Jane Austen préfère les héroïnes aux héros et qu’ainsi, il est normal que nous soyons aussi tourmentés que le sont ces Anne Elliot, Elizabeth Bennet, Emma Woodhouse, Elinor Dashwood et autres Catherine Morland.

Note : 20/20

Ce livre en un mot : Romantique

 

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2 commentaires pour Persuasion

  1. tampopo24 dit :

    Même passage préféré que toi, je trouve cette romance très belle. C’est peut-être même mon roman préféré de l’auteur tellement je trouve l’histoire juste et touchante.

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