Quand la nuit devient jour

Titre Quand la nuit devient jour

Auteur : Sophie Jomain

Editeur : France Loisirs

Prix :   12.80 €

Nombre de pages : 240

Quatrième de couverture : On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016.

Mon passage préféré : 

Au contraire, Camille, j’aurais énormément de choses à dire à votre sujet que la morale de votre famille réprouverait. A propos de votre physique, d’abords, que vous semblez avoir tant de mal a apprécier. Je devine, à travers votre jean, la plus jolie paire de fesse que je n’ai jamais vue. Vous avez des cheveux magnifiques, de grands yeux qui n’ont besoin d’aucun fard pour exprimer la fièvre qui dort en vous. Vos lèvre me font naître des envies inavouables, à commencer par celle de vous les mordre à pleines dents. Glisser les mains le long de votre corps frêle, respirer l’odeur sans artifices de votre peau, goûter votre sueur, entendre vos gémissement. J’aimerais exprimer tout ça. Dans un autre contexte, une autre histoire, c’est ce que je dirais de vous, de ce que je ressens à votre contact. Mais je ne peux pas. Ce n’est pas le genre de choses qu’on peut dire, n’est-ce pas ? Pas lorsqu’on est médecin, qu’on prend soin de vous, qu’on veille à votre vie pour mieux vous amener à la mort et qu’on a le devoir d’imposer une distance qu’il est de plus en plus difficile à maintenir. Vous m’avez happé, parce que vous êtes une femme sensible, touchante, discrète, paradoxalement nerveuse et effrontée, dotée d’un courage et d’une détermination que le plus fort d’entre nous ne pourrait affronter. Mais même ça, vous serez la seule à l’entendre, Camille. Vous devrez vous en contenter.

Mon avis : Quand j’ai sélectionné ce roman dans ma bibliothèque, je savais que j’allais probablement devoir ravaler mes larmes à plusieurs reprises. J’avais tout faux. Je ne m’attendais absolument pas à ce chef d’oeuvre. Si Sophie Jomain avait déjà conquis mon petit coeur sensible avec sa série Young Adult, Les étoiles de Noss Head, elle a réussi à complètement me bouleverser en me proposant de passer trois mois en compagnie de Camille. Je m’attendais à plonger dans le quotidien infernal d’une jeune femme terriblement déprimée et au bord du gouffre, sur le point de sauter. Si c’est en substance ce que j’ai découvert, l’histoire créée par l’auteur va bien plus loin que cela. Je n’aurais jamais imaginé aborder la fin de Camille sous cet angle. J’ai d’abord été très décontenancée, parfois même gênée. Finalement, la sensation d’intrusion s’est estompée dès le premier chapitre, après que Camille nous ait expliqué comment elle en est arrivée là. Cependant, si mes réticences face à la manière dont elle a choisi de quitter cette vie ont peu a peu disparu, j’ai abhorré le docteur Janssens et son discours à la fin du roman. Le sujet abordé par Sophie Jomain est particulièrement tabou dans notre société. Quand la nuit devient jour est un roman nécessaire et particulièrement tendre. J’en ai tourné les pages avec frénésie, comme dans une course contre la montre – une course contre la mort – pour essayer de rattraper Camille avant qu’elle ne fasse son dernier pas. La fin est inimaginable. Je me suis indignée, rebellée et j’ai tapé du poing sur la table. Mais aucune autre conclusion ne m’aurait satisfaite. Une lecture coup de poing, une lecture coup de coeur.

Note : 20/20

Ce livre en un mot : Poignant

 

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