Northanger Abbey

Titre : Northanger Abbey

Auteur : Jane Austen

Editeur : 10/18

Prix :   7.10 €

Nombre de pages : 285

 Quatrième de couverture : Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Mon passage préféré : 

– Je me suis montré bien négligent jusqu’ici, Mademoiselle, en ce qui concerne les égards dont doit témoigner ici un cavalier. Je ne vous ai pas encore demandé depuis combien de temps vous êtes à Bath, si vous y étiez déjà venue, si vous êtes allée aux Upper Rooms, au théâtre, au concert, et si cette ville sait vous plaire. J’ai vraiment manqué à tous mes devoirs… Mais vous avez peut-être encore le temps de satisfaire ma curiosité sur tous ces points. Si c’est le cas, je commencerai tout de suite mon interrogatoire.

– Il est inutile de vous donner cette peine, Monsieur.

– Ce n’est pas une peine, je vous l’assure, Mademoiselle.

Puis, composant son visage et adoptant un sourire figé, adoucissant sa voix de manière affectée, il ajouta, prenant un air mièvre :

– Êtes-vous à Bath depuis longtemps, Mademoiselle ?

– Depuis une semaine environ, répondit Catherine en s’efforçant de ne pas rire.

– Vraiment ! fit-il avec un étonnement affecté.

– Pourquoi en seriez-vous surpris, Monsieur ?

– Pourquoi, en vérité ? dit-il sur un ton naturel. Mais il faut bien que votre réponse ait l’air de susciter en moi quelque émotion… et la surprise est plus facile à feindre et tout aussi indiquée qu’une autre. Poursuivons maintenant… N’étiez-vous jamais venue à Bath, Mademoiselle ?

– Non, jamais.

– Vraiment ! Avez-vous honoré les Upper Rooms de votre présence ?

– Oui, Monsieur, j’y suis allée lundi dernier.

– Êtes-vous allée au théâtre ?

– Oui, Monsieur, je suis allée au spectacle mardi.

– Au concert ?

– Oui, Monsieur, mercredi.

– Et Bath vous plaît-il beaucoup ?

– Oui, Bath me plaît énormément.

– Je dois à présent vous adresser un sourire minaudier, après quoi nous pourrons redevenir raisonnables.

Mon avis : Le principal inconvénient d’avoir pour auteur favori, une personne décédée, est qu’une fois que vous avez lu toute son oeuvre, vous vous sentez complètement démuni. Et c’est pire encore quand l’auteur en question n’a écrit que peu de choses (en terme d’œuvres majeures). Même si chacune d’elles était un véritable chef-d’oeuvre à vos yeux. Il se trouve, à mon grand soulagement, qu’il me reste deux romans de Jane Austen à découvrir : Mansfield Park et Persuasion. Je ne vais cependant pas me ruer dessus, afin de préserver le plus longtemps possible le plaisir de les découvrir. Concernant Northanger Abbey, j’ai été agréablement surprise par le style très différent employé par Jane Austen. En effet, elle introduit volontiers ses réflexion personnelles tout au long du récit. Elle dit ce qu’elle pense de ses personnages (et leur fait dire ce qu’elle pense elle-même [cf. extrait ci-dessus]), de la société dans laquelle elle vit, de ses « frères et soeurs » auteurs… C’est d’autant plus incroyable (pour l’époque) qu’elle est exceptionnellement drôle. J’aime particulièrement le personnage de Catherine. Elle n’a rien à voir avec les précédente héroïnes que j’ai pu rencontrer chez Jane Austen. Elle n’en a pas les même caractéristiques, hormis celle d’être le personnage central du roman. Si Catherine Morland est ignorante mais pas totalement stupide, elle est avant tout naïve. Naïveté qu’on lui pardonne aisément étant donné son âge (17 ans quand elle part pour Bath avec les Allen) et que cette candeur ne nuit à personne, même pas vraiment à elle-même. Elle ne parvient pas à concevoir que l’on puisse penser autre chose que ce que l’on dit ou que l’on dise le contraire de ce que l’on pense. Mais c’est sans compter sur Henry Tilney, de 8 ans son aîné, qui va lui permettre, par sa conversation, son charme et son humour parfois cynique, de traverser l’adolescence pour parvenir à l’âge adulte. Je les ai beaucoup aimés, lui et sa soeur Eleanor. En revanche, Isabella et John Thrope m’ont plus d’une fois fait serrer les poings sur l’ouvrage. Je leur aurais bien mis quelques claques. Et encore, je reste polie. Quand à James Morland, il m’a lui aussi quelque peu agacé. Heureusement, il s’est vite rattrapé, une fois débarrassé de ses « mauvaises fréquentations »… Mais les défauts des uns ne sont exagérés que pour faire ressortir plus encore les qualités des autres. Et comparé à un Mr Thorpe, Mr Tilney fait figure de véritable prince charmant. Bien sûr, aucun personnage n’est assez parfait à mes yeux pour arriver à la cheville de Mr Darcy (cf Orgueil et préjugés – Jane Austen). Mais ces héros masculins, avec leurs défauts et leurs qualités, sont autant de jeunes gens que j’aurais adoré côtoyer, s’il m’eut été donné la possibilité de faire un bon de plus de 200 ans en arrière.

Note : 18/20

Ce livre en un mot : Surprenant

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