Le coeur entre les pages

Couverture Le coeur entre les pages

Titre : Le coeur entre les pages

Auteur : Shelly King

Editeur : Préludes

Prix : 14.60 €

Nombre de pages : 373

Quatrième de couverture : Maggie, 34 ans, vient d’être licenciée de la start-up branchée de la Silicon Valley où elle travaillait. Que faire sinon traîner au Dragonfly, la pittoresque librairie de livres d’occasion ? Lassé de la voir végéter, Dizzy, son meilleur ami, lui propose de participer à un club de lecture. Au programme : L’amant de Lady Chatterley. Dans l’édition ancienne qu’elle déniche, Maggie découvre une mystérieuse correspondance amoureuse … Cette découverte va bouleverser la vie de la jeune femme et celle de la petite librairie menacée de fermeture par la concurrence. Le tout sous les yeux espiègles de Grendel, le chat qui a élu domicile parmi les rayonnages.

Mon passage préféré :

Ils avaient tous débarqué à l’heure de la fermeture, déjà gavés de poulet au curry et de thé glacé au tapioca, en quête d’un shoot de livres avant de se salir les mains avec le Troisième Reich. Je ne l’avais jamais avoué à Jason, mais ces clients étaient ceux qui me plaisaient. Ils échangeaient rarement les livres, en achetaient par camions entiers et les avalaient à la vitesse d’une imprimante Viking 18000 BTU. A côté d’eux, je consumais mon lot de romances hebdomadaire à la vitesse d’un four pour dînette. Comment trouvaient-ils le temps de lire, entre toutes les rediffusions de Doctor Who qu’ils regardaient, les guerres de messages qu’ils lançaient en ligne pour décider lequel des toubibs était le meilleur et les semaines de soixante heures qu’ils n’en passaient pas moins à travailler dans des bureaux modulaires de la Vallée, voilà qui restait pour moi un mystère. Sans compter qu’ils lisaient vraiment les livres qu’ils achetaient, au lieu de les feuilleter et de sauter les descriptions insignifiantes pour aller directement aux passages croustillants comme je le faisais. Ils retenaient des noms, des alliances, des langues, des cultures et des arbres généalogiques d’une complexité impossible. Et ils n’aimaient qu’environ un quart de ce qu’ils lisaient. Ils étaient en permanence à la recherche du livre unique qui satisferait tout à la fois leur désir d’intrigues hallucinantes, de magie stupéfiante et d’émotion qui vous prend au ventre. Et lorsqu’ils le trouvaient, ils traitaient l’auteur comme un dieu, ils étaient prêts à traverser le pays et parfois des océans pour assister à des conférences où ils rencontreraient quelqu’un attaché aux histoires qu’ils aimaient. Ils vivaient dans la crainte d’être lâchés par les impies qui dirigeaient les maisons d’édition, ou que l’auteur meure avant d’avoir terminé sa série. Riez si vous voulez. Ou jugez-les pathétiques. Il n’empêche que j’aimerais bien voir Jonathan Franzen inspirer ce genre de passion.

 

Mon avis : Un livre sur les livres dont la couverture représente des rayonnages bourrés à craquer de romans et le haut de la petite tête tout mignonne d’un chat … Je ne pouvais pas ne pas m’y intéresser, bien que ce ne soit pas mon genre de lecture habituelle. Il s’agit d’un livre « détente », très « facile », à la limite de la chick-lit. Pas de prise de tête, quelques histoires d’amour, des personnages « normaux » et de belles références à la SFFF dans le cadre d’une vieille librairie décrépie dans laquelle n’importe quel lecteur compulsif rêverait de passer ses journées. J’avoue que si je devais envisager une reconversion professionnelle, je chercherais définitivement à travailler dans ce genre d’endroit. L’histoire est romantique et même si tout tourne autour de cette mystérieuse correspondance entre Henry et Catherine, on aime à découvrir les personnages magnifiques imaginés par Shelly King. On s’attache à eux et on a le coeur brisé quand il faut leur dire au revoir avant la fin du roman. Maggie est inspirante. Elle qui rêvait de retrouver son mode de vie d’avant son licenciement a été transformée par le Dragonfly et découvre que le vrai bonheur ne réside pas toujours dans un compte en banque bien approvisionné. Si vous aviez la possibilité d’obtenir un job de rêve avec le salaire qui va avec mais que cela entraînerait la perte de tout ce pour quoi vous avez toujours travaillé, de tout ce en quoi vous croyez, que choisiriez-vous ? Le style de l’auteur est très appréciable. Elle nous fait rire, réussi à nous tirer quelques larmes. Il y a même eu ce moment que j’attends toujours dans un livre quand je le commence : celui de la révélation incroyable qui me fait arrêter ma lecture pendant quelques secondes, le temps de réaliser ce qui vient de se passer, qui me fait me dire ensuite que je dois absolument découvrir la suite et qui enfin me fait me maudire moi-même de ne pas lire assez vite. Et je peux vous assurer que cela n’arrive pas souvent. Alors bravo, Shelly King. Vous avez réussi à m’emporter avec votre histoire et à me donner envie de lire encore plus, si c’est seulement possible …

Note : 16/20

Ce livre en un mot : Romantique

Publicités
Cet article, publié dans Chronique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Le coeur entre les pages

  1. Un récit très sympathique 🙂 !

  2. totorotsukino dit :

    j’ai bien aimé.. à lire sous la couette avec un chocolat chaud 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s