Loup, y es-tu ?

Loup, y es-tu

Titre : Loup, y es-tu ?

Auteur : Henri Courtade

Editeur : Gallimard – Folio SF

Prix : 7,70 €

Nombre de pages : 388

Quatrième de couverture : Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs … Tapies dans l’ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux de télévision, elles tiendraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité. Sinistre tableau ! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu’en ce début de XXIe siècle ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre. Et alors … qui sait de quel côté la balance pencherait ?

Mon passage préféré :

En proie à une sombre mélancolie, il se rappela la fin de cette guerre, la révélation sans précédent de l’existence de camps d’extermination. Il se souvint surtout de toutes ces personnes qui cherchaient en vain sur d’interminables listes de noms ceux de leur mère, de leur père, de leur enfant, de leurs proches … Des êtres humains qui avaient eu le tort de naître sous l’étoile de David ou celle scintillant au rythme des violons tziganes. A présent, ils avaient rejoint ce même firmament, criant de là-haut « justice » dans un silence assourdissant. Pas seulement justice, pouvait-il presque entendre pour peu qu’il se fût donné la peine de tendre l’oreille, mais aussi : « Plus jamais ça ! »

Mon avis :  Après une première édition chez Mille Saisons en 2010, Henri Courtade voit son premier roman réédité chez Gallimard cette année. La couverture est sublime. Très sombre, totalement adaptée à l’histoire, elle donne immanquablement envie de plonger dans le récit. Anne-Claire Payet a réussi à me faire oublier que Gallimard a choisi d’éditer Loup, y es-tu ? dans la collection Folio Science Fiction. Moi qui d’ordinaire ne suis pas du tout attirée par la SF, cette couverture m’a donné envie de découvrir le synopsis. Et je ne l’ai pas regretté. Dans un premier temps, j’ai craint le côté trop historique du récit. Finalement, les passages descriptifs de l’Histoire sont très bien dosés et très faciles à comprendre. Le plus gros de l’intrigue n’est dévoilé qu’à la fin du roman, ce qui est appréciable. La part fantastique est tellement bien amenée qu’elle en devient tout à fait plausible et je me suis surprise à m’identifier à certains personnages. Je n’ai trouvé aucune longueur au récit. Pour recoller les morceaux perdus du passé des héroïnes, Henri Courtade nous propose plusieurs flash-back très intéressants. On aime ainsi à redécouvrir les contes de notre enfance en les associant à la réalité créée par l’auteur. Il y a une multitude de détails qui font référence aux personnages. Le plus évident sont les noms : Albe Snösen, Virginia Woolf, Cindy Vairshoe, Isabelle de Boisjoly, Albert Mürrisch, Franz Schüchtern … Je vous laisse deviner qui est qui. S’ajoutent à cela plusieurs éléments qui nous font gentiment sourire quand on en comprend le rapport au récit. La plume de l’auteur est agréable et fluide. Il n’y a aucune fausse note, ce qui est plutôt rare quand il s’agit d’un premier roman. Les chapitres courts aux titres absolument géniaux et les touches d’humour donnent un excellent rythme au récit. Il semble que le but de l’auteur ait été de dénoncer une société aveuglée à travers les exemples de la manipulation des médias, du terrorisme ou encore de la recherche de la beauté éternelle. A mon sens, c’est plutôt réussi. Henri Courtade surfe sur la vague actuelle des contes remis au goût du jour. Entre les films et les séries télés, il réussit à proposer un roman vraiment très crédible qui nous permet de prolonger le plaisir de haïr la méchante reine jusqu’à la fin du récit. Et peut-être même encore après …

Note : 17/20

Ce livre en un mot : Indémodable

La Plume de l'Argilète

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2 commentaires pour Loup, y es-tu ?

  1. sphinxou dit :

    Depuis le jour où il est sorti il me tente ! Mais à chaque fois que je vais en librairie je ne le croise pas, la prochaine fois sera la bonne 🙂

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