Juste un peu de temps

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Titre Juste un peu de temps

Auteur : Caroline Boudet

Editeur : Stock

Prix : 19 €

Nombre de pages : 230

Quatrième de couverture : Sophie, 35 ans, épouse et mère de trois enfants, satisfaite de son travail, est l’archétype de la femme accomplie selon les codes sociaux actuels. Elle perd pied malgré tout. L’auteure, elle-même mère de famille, traite ici d’un sujet de société très présent dans l’actualité, la charge mentale.

Mon passage préféré : 

Pourquoi avoir inventé Google alors qu’il existe déjà les femmes et les mères pour répondre à toutes vos questions: où sont mes habits? On fait quoi ce week-end? C’est à quelle heure le restau déjà, demain? La boulangerie, c’est ouvert jusqu’à 19 ou 20 heures? Ils sont où, mes crayons de couleur? C’est quel jour, le rendez-vous de la petite chez le médecin déjà? Tiens, la femme de ménage a dit de noter qu’on n’a plus de produit pour les vitres. Je vais faire les courses, tu me fais une liste? Il est où, mon doudou? Qu’est-ce que je ne devais surtout pas oublier, déjà? (La meilleure, celle-là).

Mon avis : Merci aux éditions Stock et à la plateforme NetGalley pour cet envoi numérique ! Je ne peux pas dire que j’attendais beaucoup de ma lecture mais la thématique abordée par l’autrice m’interpellait et j’ai reçu un commentaire enthousiaste sous la vidéo wishlist dans laquelle je l’ai présenté alors il me tardait de commencer ce roman. Mon expérience avec ce titre est assez mitigée. J’ai totalement compris la démarche et l’état d’esprit de Sophie et bien que n’étant pas moi-même mère de famille, j’ai assez facilement réussi à m’identifier à ce personnage principal. J’ai également apprécié découvrir les points de vue d’autres personnages et leurs opinions sur les raisons qui poussent Sophie à agir comme elle le fait. J’ai trouvé tous ces sentiments et ces réflexions très réalistes. Trop réalistes. En fait, j’aurais d’avantage aimé un ouvrage qui, tout en restant romancé, m’aurait apporté des pistes pour envisager des solutions à ce problème de charge mentale que subissent les femmes (ou en tout cas, certaines d’entre elles). Juste un peu de temps ne fait qu’un constat de la situation actuelle dans laquelle se trouve le personnage principal. Il y a bien sûr un travail sur soi, certaines remises en question. Mais au final, rien de concret ne permet d’aborder plus sereinement la vie de famille, que ce soit en tant que mère, femme, amante, collègue de travail, etc. Pour tout dire, je trouve que le discours de l’autrice, bien que très fidèle à la réalité, est trop pessimiste et ne laisse pas, une seule seconde, la place à un quelconque espoir d’amélioration de la condition de la femme au sein du foyer. Dommage !

Note : 13/20

Ce livre en un mot : Déprimant

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La singulière aventure de Pénélope Vermillon

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Titre La singulière aventure de Pénélope Vermillon

Auteur : Valija Zinck

Editeur : Rageot

Prix : 13.90 €

Nombre de pages : 304

Quatrième de couverture : Pénélope a les cheveux gris et une odeur de feu. Cela a beau être étrange, la petite fille ne s’en est jamais vraiment souciée. La seule chose qui attise un peu sa curiosité, c’est que chaque été, le jour de son anniversaire, il pleut et que, ce jour-là, la pluie ne mouille pas. Cependant, quand Pénélope découvre par hasard qu’elle a en fait les cheveux roux et des pouvoirs un peu bizarres, tous les petits mystères de sa vie se transforment en un océan d’énigmes. Ces pouvoirs sont-ils hérités de son père, comme le lui révèle finalement sa mère ? Pourquoi cette dernière lui a-t-elle fait croire qu’il était mort alors qu’il les a tout simplement abandonnées ? Tandis que la magie croit en Pénélope, s’épanouit aussi la colère et l’envie de partir à la recherche de ce père absent…

Mon passage préféré : 

– Mille milliards de vaches des marais !

Mon avis : Merci aux éditions Rageot et à la plateforme NetGalley pour cet envoi numérique ! Quand j’ai commencé ma découverte de l’univers de Pénélope Vermillon, j’ai été un peu effrayée par le nombre de pages. Je me suis dit que c’était beaucoup pour un roman écrit pour la jeunesse et que les jeunes lecteurs risquaient de passer à côté. Au final, je n’ai pas du tout vu défiler les 300 pages de ce roman très coloré. Les personnages sont peu nombreux, ce qui fait qu’on peut rapidement les identifier et s’attacher à chacun d’eux. Evidemment, Pénélope l’emporte haut la main au concours de popularité, et pas seulement dans sa classe. C’est une fillette très enjouée avec un caractère affirmé et des expressions désuètes très amusantes (bravo à la traductrice). On visualise parfaitement les paysages et les décors décrits par l’autrice et, bien qu’elle soit allemande, La singulière aventure de Pénélope Vermillon pourrait parfaitement se jouer en France. Etant donné qu’il s’agit d’une histoire pour un public âgé de 9 à 12 ans, tout est assez prévisible et certains éléments auraient mérité d’être plus approfondis au goût de l’adulte que je suis (le chat-batterie et la subite faillite du père du meilleur ami de Pénélope, notamment). Cependant, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de mademoiselle Vermillon et de son amie la route. Valija Zinck introduit un peu de magie dans un quotidien qui n’a pourtant rien d’extraordinaire de prime abord et cet aspect fantastique saura sans aucun doute ravir les jeunes lecteurs en quête de mystères.

Note : 15/20

Ce livre en un mot : Sympa

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Tu comprendras quand tu seras plus grande

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Titre Tu comprendras quand tu seras plus grande

Auteur : Virginie Grimaldi

Editeur : Le Livre de poche (GF : Fayard)

Prix : 8.20 € (19.90 €)

Nombre de pages : 480 (505)

Quatrième de couverture : Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ? C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire. C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.

Mon passage préféré : 

Une voiture. Elle en jette, avec sa peinture flamboyante, ses chromes rutilants et ses pneus qui résistent à toutes les intempéries. Elle roule à vive allure, sans trop s’intéresser au paysage, parce qu’il faut y aller : c’est là-bas que tout le monde va. La destination est programmée dans le GPS, le pilotage automatique enclenché, elle se laisse guider. Il lui arrive de prendre des bosses, un nid-de-poule qui met à rude épreuve ses amortisseurs, mais elle repart toujours de plus belle. Droit devant.
Et puis un jour, le mur.
Elle ne l’a pas vu. Il la désintègre. C’est brutal, c’est violent, c’est explosif. Il y en a partout. Un siège à droite, une pédale à gauche, le moteur en feu. Elle pense un instant que c’est terminé, elle l’espère un peu, même.
Elle reste là un moment, à regarder la scène comme s’il s’agissait d’une autre voiture, puis elle entreprend de se réparer. Elle se dit que, peut-être, des gens vont venir lui porter secours, mais personne ne vient. Alors elle se reconstruit seule, pièce après pièce, morceau après morceau. Ca prend du temps, elle se trompe parfois et doit recommencer, c’est long.
Et puis, un jour, elle redevient la voiture magnifique que tout le monde connaissait. A bien y regarder, il y a quelques rayures, un pneu est à plat et le moteur fait un drôle de bruit, mais l’ensemble fait illusion. A un détail près. Dans le choc, elle a perdu un de ses passagers. Il est là, sur le bord de la route, il ne bouge plus, il ne réagit plus. Elle l’aime, ce passager. Elle le connaît depuis sa fabrication, elle s’est habituée à ses mouvements sur ses sièges, à sa voix dans l’habitacle. Elle avait prévu de faire un plus long chemin avec lui. Elle ne veut pas le laisser là, sur le bord de la route, près de la borne 8/8. Elle ne veut pas avancer sans lui. Mais un mécanicien passe par là et ne lui laisse pas le choix : « Si tu ne repars pas, tu disparaîtras toi aussi. C’est comme ça, c’est la route. Elle n’est pas facile. »
Alors, elle reprend la route. Un peu plus doucement, en faisant davantage attention au paysage et en appréhendant les trous, les bosses et l’irruption de murs. Et en voyant dans son rétroviseur son passager devenir de plus en plus petit.

Mon avis : Cela faisait un moment que j’entendais parler de Virginie Grimaldi et ce titre faisant partie de deux challenges Livraddict (le Big et le Contemporain), je l’ai inclus à ma wishlist. Puis j’ai appris que l’autrice serait présente au salon Lire en poche de Gradignan et j’ai gentiment envoyé ma sœur (qui habite à Bordeaux) pour faire mes courses. Qui se sont transformées en cadeaux de Noël, merci à elle . J’ai pioché Tu comprendras quand tu seras plus grande dans ma PAL Jar pour le mois de mai et j’en suis absolument ravie parce que c’est un énorme coup de cœur ! Ne soyez pas effrayé par le nombre de pages, la plume de Virginie Grimaldi est très fluide et son histoire nous embarque sans qu’on s’en rende compte. Son style est sublime. C’est un mélange agréable de fraîcheur, de mélancolie, de joie, de nostalgie et de bonheur à l’état pur. Elle parvient à transmettre les émotions qui traversent ses personnages avec une justesse criante de réalisme et un humour mordant. Je me suis immédiatement identifiée à Julia, le personnage principal. Les épreuves qu’elle a traversées ont résonné en moi. J’ai la chance de ne pas avoir vécu ces drames mais je peux vous assurer que ne serait-ce qu’envisager de devoir un jour vivre ces tragédies est une des choses qui me terrifie le plus au monde. Alors forcément, ce roman a eu ma peau fragile de lectrice ultra-sensible. Les résidents des Tamaris sont fantastiques et partager leur quotidien et les souvenirs de leur passé est génial. Je croyais savoir exactement où l’autrice voulait en venir mais je me suis pris une des plus grosses claques littéraire de ma vie de lectrice. Le retournement de situation qui survient juste avant la fin du roman est spectaculaire et totalement inattendu. Il n’en reste pas moins crédible et particulièrement bouleversant. A la lecture de ce récit, on prend une véritable leçon de vie. Cela faisait longtemps que je n’avais pas versé quelques larmes sur un roman. Merci Virginie Grimaldi pour tout ça. J’attends avec une impatience grandissante de découvrir l’adaptation cinématographique. L’autrice a en effet révélé il y a peu sur son compte Instagram que les droits de deux de ses romans avaient été achetés.

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Note : 20/20

Ce livre en un mot : Sublime

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Le souffle des Dieux, tome 0 : Fabuleux nectar

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Titre Le souffle des Dieux, tome 0 : Fabuleux nectar

Auteur : Vincent Portugal

Editeur : Auto-édité

Prix : 9.90 €

Nombre de pages : 151

Quatrième de couverture : Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics. L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites. Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège. La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

Mon passage préféré : 

Misha s’empressa d’adoucir le froncement de ses sourcils. Il devait être fier. Son royaume avait étendu son emprise sur des colonies de phoques potelés et des rochers couverts de moules.

Mon avis : Totale découverte de l’auteur et de sa série grâce à la box Mille et un livres, j’ai pioché ce titre dans ma PAL Jar pour le mois de mai et j’ai eu beaucoup de mal à en voir le bout. La faute n’en incombe ni au style de Vincent Portugal ni à l’histoire qu’il nous propose, mais plutôt à ma lecture hachée dans les transports en communs et à la suite et fin de ma panne de lecture. Ce que j’ai le plus apprécié dans ce titre, ce sont les entêtes de chapitre qui donnent au lecteur un aperçu du contenu du grimoire que l’alchimiste du roi découvre. Elles sont pleines de poésie et de gourmandise. J’ai également aimé découvrir le plan concocté par la princesse pour gagner l’indépendance de ses terres. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants mais suivre leurs aventures est assez plaisant. L’univers développé par l’auteur semble fabuleux mais dans si peu de pages, il est difficile de s’en faire une idée très précise. Ma grosse déception est dédiée à l’origine du fabuleux nectar dont il est question. Je m’attendais à découvrir un peuple sous-marin incroyable et une cité immergée tout aussi magique. Comme quoi, une fois encore, il n’aurait pas fallu juger le contenu selon la couverture. Le souffle des Dieux est une saga écrite pour la jeunesse. Ce tome hors-série permet de s’imprégner de l’univers de l’auteur qui, bien qu’il semble être maîtrisé et étendu, ne reflète pas assez sa magnificence ici et est carrément trompeur de par sa couverture.

Note : 13/20

Ce livre en un mot : Poétique

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Le voile

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Titre Le voile

Auteur : Guillaume Lecasble

Editeur : Tohubohu

Prix : 17 €

Nombre de pages : 175

Quatrième de couverture : Paru dans le quotidien La Presse de Montréal. Annonce 592 – 8 /16.  Pour mon prochain roman, Le Voile, je cherche deux personnages, un homme et une femme dans la trentaine vivant à Montréal et ayant une raison de se rendre aux chutes du Niagara. En acceptant d’être un des personnages vous acceptez la possibilité de mourir à la fin du livre. Si vous répondez aux critères énoncés ci-dessus, merci de me contacter par mail : ww@ww.ca.
Joshua@beme.com
Destinataire : ww@ww.ca
— Bonjour WW, mon nom est Joshua Lecœur. Être un personnage dans un roman m’intéresse. J’ai 31 ans. Je suis français. Je vis à Montréal depuis dix ans pour pouvoir rendre visite à mon père qui est interné dans un centre de psychiatrie à Niagara Falls.
WW
— Merci de votre réponse. Vous n’êtes donc pas effrayé par la perspective de mourir à la fin du livre ?
JOSHUA
— Si c’est ma dernière chance de connaître l’amour, non.
Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Mon passage préféré : 

Lorsque je pense, c’est bien ma voix qui formule mes pensées dans mon esprit et me les rend audibles intérieurement. Si elle n’a pas de son, c’est qu’elle est l’âme de ma voix. Lorsque je parle, ma voix produit un son audible : c’est le corps de ma voix. L’âme de ma voix, personne ne peut l’entendre à part moi. Mais quand les mots passent de ma pensée à ma voix parlée, l’âme de ma voix prend corps. Et si ce corps est enregistrable, l’âme, elle, ne l’est pas puisqu’elle est inaudible. Enregistrer ma voix, c’est la séparer de son âme. Une fois séparée, l’âme de ma voix se met en attente de son corps à la lisière de l’atmosphère. Toutes les âmes des voix enregistrées contre leur gré attendent à la lisière de l’atmosphère. Ensemble, elles forment le Voile.

Mon avis : Le voile est un rêve. La poésie du texte accentue l’étrangeté du récit qui fait que le lecteur se trouve pris au piège de cette histoire aux saveurs oniriques. On n’arrive pas à décrocher, d’autant que l’auteur parvient à rendre crédible une apocalypse particulièrement inventive. La cause de l’apparition de ce voile interroge et quand le lecteur découvre ce que Guillaume Lecasble a choisi de lui raconter, il ne peut que s’émerveiller devant la beauté de l’idée. Les personnages sont riches, les dialogues mélodieux, les chutes (celles du Niagara et celle de l’histoire) grandioses. L’inéluctabilité de leur fin ne permet pas aux protagonistes de se lancer dans de grands discours emplis d’espoirs mais on sent qu’il est présent. Chacun sait que le voile s’obscurcit et qu’il n’y a rien à faire contre ça. Vraiment ? Après tout, qu’est-ce qui pourrait être capable de vaincre les ténèbres ? Si vous répondez la lumière, vous avez perdu. L’amour ? Essayez encore, vous y êtes presque…

Note : 17/20

Ce livre en un mot : Onirique

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Les geôliers

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Titre Les geôliers

Auteur : Serge Brussolo

Editeur : Folio, SF

Prix : 8,30 €

Nombre de pages : 490

Quatrième de couverture : Il y a quinze ans, Debbie Fevertown s’échappait de Dipton après avoir tué sans pitié son mari et ses deux fils. Aujourd’hui, Jillian Caine est engagée par le réalisateur Dieter Jürgen pour écrire le scénario d’un biopic retraçant la vie de la meurtrière. Jill rencontre des gens qui ont connu Debbie et ont partagé son quotidien, se rend sur les lieux du crime et découvre que la réalité n’est peut-être pas celle que les médias ont décrite à l’époque. Quels mystères recèle l’étrange ville de Dipton ? Que cache ce culte insolite dédié aux arbres ? Et qui sont ces mystérieux gardiens que l’on nomme – à voix basse – les Geôliers ?

Mon passage préféré : 

Seulement dix pour cent des gens avouent croire aux fantômes… les autres mentent !

Mon avis : Ma dernière lecture pour les Prix des Imaginales des bibliothécaires n’a malheureusement pas été un franc succès. Serge Brussolo offre un récit de science-fiction auquel on ne s’attend pas. Je n’ai jamais aimé la science-fiction et je n’ai donc pas réellement apprécié l’histoire que l’auteur a créée. Pourtant, c’était bien parti. Une scénariste sur les traces de la vérité concernant un massacre vieux d’une vingtaine d’années, ça avait le potentiel pour être un excellent thriller. Et les premiers chapitres dans lesquels l’héroïne récolte les témoignages des témoins m’ont assez intéressée. Mais il s’agit d’une sélection pour le prix des Imaginales, pas pour le prix du Polar. L’aspect SF est évoqué dès le départ mais on l’oublie rapidement, jusqu’à ce qu’il nous revienne en pleine figure. Le style de l’auteur est fluide et incisif mais l’utilisation du présent m’a beaucoup dérangée. Les personnages sont tous plus détestables les uns que les autres. La vulgarité est omniprésente et la place de la femme est clairement reléguée au profit de la domination masculine. Evidemment, il s’agit uniquement de l’ambiance que Serge Brussolo donne à son récit et je suis persuadée que ces éléments ne m’auraient pas autant choquée si j’avais par ailleurs réussi à apprécier le récit pour lui-même. Ma note ne sera cependant pas si terrible puisque j’ai malgré tout été tenue en haleine et que la fin, pas forcément surprenante, a le mérite de ne pas vouloir contenter à tout prix le lecteur.

Note : 12/20

Ce livre en un mot : Bizarre

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La passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel

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Titre La passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel

Auteur : Christelle Dabos

Editeur : Gallimard

Prix : 18 €

Nombre de pages : 496

Quatrième de couverture : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon passage préféré : 

[SPOILER ! Pour lire cet extrait, surlignez le texte] Elle embrassa ses cicatrices, d’abord celle qui lui fendait le sourcil, ensuite celle qui lui crevait la joue, enfin celle qui lui traversait la tempe. A chaque contact, Thorn écarquilla davantage les yeux. Ses muscles, à l’inverse, se contractèrent.
– Cinquante-six.
Il désenroua sa voix d’un raclement de gorge. Jamais Ophélie ne l’avait vu aussi intimidé, en dépit des efforts qu’il déployait pour ne rien en montrer.
– C’est le nombre de mes cicatrices.
Elle ferma, puis rouvrit les yeux. Elle le sentit à nouveau, en plus violent encore, cet appel impératif qui lui venait du fin fond du corps.
– Montre-les-moi.
Le monde cessa aussitôt d’être mot pour se faire peau. L’ombre blême des moustiquaires, le clapotis de la pluie, les lointaines rumeurs des jardins et de la ville, rien de tout cela n’existait plus pour Ophélie. La seule chose dont elle avait une perception aiguë, c’était Thorn et elle, leurs mains défaisant l’une après l’autre chaque retenue, chaque appréhension, chaque timidité.
Ophélie avait passé ses trois dernières années à se sentir creuse. Elle était enfin complète. [/SPOILER]

Mon avis : Après un premier tome qui avait réussi à me séduire sans parvenir à me faire fondre et un deuxième opus presque parfait, j’ai enfin ressenti un véritable coup de cœur pour cette série grâce à La mémoire de Babel. Les mauvaises langues diront que c’est l’extrait que j’ai choisi de vous présenter comme étant mon passage préféré qui a fait pencher la balance. Elles n’auront pas complètement tort. Mais il n’y a pas que ça. Ce troisième épisode des aventures d’Ophélie est une véritable merveille. L’autrice nous transporte sur une nouvelle arche où elle démontre l’étendue de son talent à travers la description de paysages tout simplement somptueux et une galerie de personnages tous plus atypiques les uns que les autres. Quelque part entre Les mille et une nuits de Shéhérazade et la planète Tatooine de la saga Star Wars, il y a Babel, la cité steampunk aux accents orientaux. La plume de Christelle Dabos est toujours aussi agréable et elle réussi encore une fois à nous plonger dans un univers incroyable que le lecteur parvient sans peine à visualiser. Le lecteur part pour un tête-à-tête avec Ophélie et s’en régale. C’est l’occasion de mieux la comprendre, de prendre le temps de découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité, développées par les épreuves qu’elle a traversées au Pôle et en l’absence de son mari qui la ronge, même si elle refuse de se l’avouer dans un premier temps (genre, pendant les 300 premières pages…). Quant à Thorn, l’autrice lui inflige un début de calvitie répondant assez logiquement (encore fallait-il y penser) à la fragilité nouvelle qu’on lui découvre dans ces nouvelles aventures. On retrouve Archibald, Berenilde, la tante Roseline et beaucoup d’autres, même s’ils passent clairement au second plan. Cela n’empêche pas Christelle Dabos d’introduire une multitude de nouveaux protagonistes qui pourraient bien avoir leur rôle à jouer à l’avenir. Je pense notamment à une petite fille très particulière dont les parents le sont tout autant. Dans La passe-miroir, rien n’est cliché. On en veut toujours plus. Chaque tome a beau être un pavé, on aimerait qu’ils soient encore plus long pour ne jamais en sortir. La menace gronde de plus en plus fort au fil des épisodes et se dévoile d’avantage sur Babel. La fin de ce troisième opus est un mélange cruel de bonheur pur et d’épouvante. Le lecteur a conscience du drame qui se joue quand les personnages n’en on pas la moindre idée. J’adore ça ! Je n’arrête pas de vous le dire (sur le blog ou en vidéo) mais il faut absolument que je le répète : LISEZ CETTE SAGA !

Note : 20/20

Ce livre en un mot : Parfait

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